André Pochon ou une agriculture en transition

Durant la quinzaine «Kernevodenn en transition»* , une conférence, animée par André Pochon, était organisée à IRVILLAC.

André Pochon, un agriculteur des Côtes D’Armor à la retraite, est à l’origine de la réflexion sur un modèle alternatif au modèle intensif breton.

Le petit homme pétillant, à presque quatre vingt printemps, ne nous à pas présenté une grande théorie, mais un modèle élaboré et mis en œuvre dans sa ferme.

Origines

Il nous a resitué ses débuts, l’après-guerre et l’obsession de nourrir la population. A cette époque le breton était arriéré, aux yeux de la population française, mais aussi à ses propres yeux. Les mères ont arrêté de transmettre la langue bretonne à leurs enfants pour ne pas les handicaper, se faire traiter de « paysan » était l’insulte suprême.

Au sein du mouvement « Jeunesse Agricole Catholique », les paysans se réunissent pour faire évoluer leurs pratiques, ils créent des « CUMA » qui leur permettent de moderniser leur appareil de production.

Cette effervescence a permis une révolution du monde paysan en Bretagne et est, plus largement, à l’origine de la nouvelle identité bretonne. Mais ce modèle, comme l’ensemble du modèle économique actuel, est aussi à l’origine de dérives qui ne lui permettront pas de durer.

Productivité et écologie

André Pochon rappelle qu’à l’origine, sa réflexion n’était pas écologique mais consistait à revoir ses méthodes pour un gain de temps et de productivité. Ce sont des écologistes comme Jean-Claude Pierre qui ont mis en lumière les conséquences heureuses, pour l’environnement, de sa pratique.

Dans ses différents livres, ainsi que dans ses nombreuses interventions publiques, André Pochon fait la critique de l’agriculture productiviste. Il met notamment en avant les dégâts écologiques du productivisme, notamment à travers certaines pratiques telles que la culture du maïs ou les élevages hors-sol. Il souligne aussi que ce système économique pénalise avant tout les agriculteurs, mono-actifs, donc dépendants de leurs fournisseurs, et poussés à un endettement très fort. Il démontre aussi que le productivisme a fait perdre à l’Europe son indépendance alimentaire, contrairement aux idées reçues.

Solutions alternatives

André Pochon propose des solutions alternatives à l’élevage intensif basées sur un élevage des vaches sur prairies (à base de trèfle blanc) et des porcs sur paille. Il rappelle les vertus de la paille qui, mélangée aux excréments des animaux, donne du fumier contrairement à l’élevage hors-sol qui produit du lisier. Or ce dernier a des propriétés agronomiques bien inférieures et pose des problèmes d’épandage.

Les fermes qui suivent cette méthode ont des résultats économiques égaux voire supérieurs aux fermes dites « conventionnelles » bien qu’elles perçoivent moins d’aide de la PAC (Politique Agricole Commune). Par ailleurs ces systèmes ont des performances écologiques bien supérieures : elles consomment beaucoup moins de produits phytosanitaires et d’engrais azotés.

Ces expériences démontrent la viabilité économique d’alternatives qui respectent l’environnement. Il était étonnant de voir lors de la projection du film « HERBE » à HANVEC, le témoignage d’un agriculteur qui, ayant fait ses calculs avec la méthode Pochon, n’en avait pas fermé l’œil de la nuit.

Le changement ne venant pas de grandes théories rationnelles mais de choses qui vous touchent personnellement dans votre identité ou manière d’être, chaque agriculteur peut faire une simulation de la méthode Pochon en partant des chiffres de sa ferme et en cliquant sur le site http://www.agriculture-durable.org/?page_id=1390

Labellisation

Comme le pays de Kernevodenn se situe à l’intérieur du périmètre du Parc d’Armorique, nous pensons que cette entité serait en mesure d’augmenter son investissement dans le domaine économique et particulièrement dans le domaine agricole. La labellisation «Produit du Parc d’Armorique» permettrait, en additionnant la méthode POCHON et le label BIO, de valoriser les produits et l’identité des professionnels intéressés par cette démarche.

*Collectif éco-citoyen des 10 communes du Pays Kernevodenn et Plougastell (Daoulas, Dirinon, Hanvec, L’Hôpital-Camfrout, Irvillac, Logonna-Daoulas, Loperhet, Plougastel-Daoulas, Saint Eloy, Saint Urbain)

Composé d’associations** et de citoyen-ne-s, Kernevodenn en Transition souhaite initier sur notre territoire les réflexions et les actions permettant d’inciter les citoyens à prendre conscience du pic pétrolier, de ses profondes conséquences, et de l’urgence de s’y préparer en mettant en place des solutions adaptées.

**Association de Défense de l’Environnement … (Logonna), CPIE Gorre Menez, Ecocum (Loperhet), Hanvec 21, Menez Mor(St Eloy), Ribine (L’hôpital-C.), Solidarité Ecologie (Plougastel), TER 29…

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