Le Potager expérimental de Valanec Uhel (seconde partie)

La construction

Le plus lourd, évidemment, c’est l’installation et la préparation des planches. Mais une fois installées elles serviront longtemps. La construction de chaque planche demande au moins 2 jours de travail (pour un bricoleur averti) et au moins deux jours pour le remplissage – donc une semaine de travail. Il faut compter bien plus pour le remplissage si on choisit, comme je l’ai fait, de tamiser la terre en surface (10 à 20 cm) et de l’enrichir avant de la mettre.

Beaucoup de gens ne remplissent pas le bac entièrement la première année, mais ajoutent du compost et des feuilles à l’automne, et remplissent de terre progressivement. Un bac peut ainsi démarrer comme un composteur, et servir pour la culture ensuite. C’est moins joli, mais c’est pratique. 

Les piquets en tube servent à stabiliser le bac au début, mais une fois le bac rempli ils ont surtout pour fonction d’armer les angles. Il est important de créer des allées de 70 ou 80 cm de large pour le passage de la brouette, et de faire des « carrefours » encore plus larges. On peut, par la suite, élever la hauteur du bac, soit artificiellement, en décaissant les allées davantage, soit en superposant une seconde planche par-dessus l’autre. De toutes façons, c’est en décaissant les allées que l’on procure une bonne partie de la terre de remplissage.

Mon design a évolué avec de l’expérience. Voici les matériaux utilisés pour le sixième bac. Il fait 130 cm de large x 320 de long x 50 de haut – des dimensions qui permettent une culture manuelle des deux côtés et une longueur suffisante mais non pas excessive (sinon on perd beaucoup de temps à passer d’un côté à l’autre):

2 bastaings (sapin traité) de 4500 x 150 (ou 200) x 40                                         (44 €)

6 piquets de 650 (coupés dans du tube galvanisé de 35 x 35 x 2)                         (36 €)

20 boulons de 90 x 10 avec grosses rondelles                                                         (15 €)

4 chutes de montants M48 (de la ferraille pour placo), faisant 150 ou 200 de long pour protéger les bouts les plus exposé

6 plaques de polystyrène dur (genre Styrodur) de 600 x 1200                             (26 €)

1 couche de lasure

Facultatif : planches pour former un rebord (9000 x 80 x 15, par exemple)

Il faut compter donc entre 100 et 150 € pour des matériaux achetés neufs.

mise en place du 6ème bac, mars 2010


Conclusion

Il y a mille façons de faire des planches surélevées. Si vous tapez « raised beds » dans Google vous verrez dans les images associées une grande sélection de photos (les commentaires sont … en anglais évidemment …). Les résultats pour « planches surélevées » ou « bacs surélevés » en français sont plus décevants, mais cette technique commence à faire son chemin, et les resources se multiplient.

D’autres appellent ces bacs des « ados ». Dans son ouvrage (voir références plus bas), Jean-Marie Lespinasse explique qu’il a développé progressivement la forme de ses « ados » (du terme « adossement », qu’il appelle aussi des buttes de terre ou des « billons »). Il met une simple planche pour retenir les bords, sinon la terre a tendance à glisser, et le dessus des ados est fortement bombé, car il attache de l’importance au ressuyage de la pluie. Il met parfois un petit siège entre les planches et ainsi peut jardiner assis.

Personnellement je préfère un bac mieux structuré où le rebord offre une petite protection du vent en été, et retient le paillage en hiver. Je n’ai rencontré aucun problème lié aux grosses pluies – le drainage semble fonctionner parfaitement, et la terre reste fraiche. Mais j’ai observé effectivement que des plants comme des fraises peuvent chercher la lumière sur les rebords. Comme mon potager est orienté est-ouest, et non pas nord-sud, je ne peux pas profiter d’un réchauffement alterné matin et après-midi, ce qui m’aurait encouragé à faire des planches plus bombées.

Il me semble que le bac surélevé est une excellente solution pour ceux qui veulent profiter d’un potager sans trop de douleurs : il a un côté récréatif, et peut intéresser des gens de tous les âges (les enfants adorent, se salissent moins, les femmes trouvent le travail moins lourd, et les séniors attrapent moins de courbatures). J’ai même vu des bacs conçus pour un accès en fauteuil roulant. En plus, cette approche convient bien dans une perspective de respect pour la nature et de la biodiversité : il a une empreinte réduite sur la planète, il offre des moyens simples pour protéger les cultures des prédateurs naturels et des maladies, il encourage l’utilisation de procédés biologiques. Le jardinier est littéralement plus proche de sa terre.

Remerciements

Je remercie Jean-Michel pour son introduction à la paille de lin, Jean Le Goff pour ses billes de sapin, et Jean-Paul et Jean-Jacques pour leurs conseils. Décidément les Jean sont en force sur Hanvec !

Renseignements

Pour voir le potager expérimental de Valanec Uhel, ou pour tout autre renseignement, laissez un message SMS sur 06 77 15 45 06, ou par mèl à davidbick01@hotmail.com

Références/liens

B-actif – j’ai acheté ma consoude (boutures, engrais) près de Scaer : http://www.b-actif.com/fr/index.php

Dominique SOLTNER ­– pour le jardinage sans labour, j’ai beaucoup apprécié son DVD, Un Jardin sans travail du sol : une saison de jardinage, réalisé par www.agrovideo.fr; à voir également son livre, Guide du nouveau jardinage, 2009 (www.soltner.fr).

Mel Bartholomew – le grand classique du jardinage au mètre carré. Un aperçu en français de sa méthode se trouve ici :

http://hasarddujour.com/2009/09/08/jardin-biologique-methode-du-jardinage-en-carres-de-mel-bartholomew/

Ce soi-disant “inventeur” de “square foot gardening” aux Etats Unis dit que son procédé réduit de 95% le gaspillage des graines, de 90% celui de l’eau, et de 50% les coûts. C’est à voir !

Jean-Marie LESPINASSE, Le Jardin naturel, Rouergue 2009 (nouvelle édition). Basé sur une longue expérience personnelle, cet ouvrage contient des pépites d’information très utiles. L’approche est réellement expérimentale et l’auteur explique bien l’évolution de ses techniques qui ont évolué avec le temps. Sans index.

Terra Natura – mon jardin pour la planète : http://terranatura.fr

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