LE ROCHER, jardin à St Eloy dans le Finistère

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Un rocher, des pierres, un jardin

Annie Le Guillou[1]

 

 

La propriété se nomme : LE ROCHER. On admire, en arrivant, la façade noble de la maison (XVIIIe), porte arrondie, bel appareillage. La visite commence côté cour – un charmant “jardin bleu” offre au regard la symétrie de 2 carrés, bordés de pierres plates. En leur centre, un chêne-vert, aux angles des véroniques en boules, des hydrangeas ‘Tara’ et ‘Cap Sizun’, des rosiers ‘Cardinal de Richelieu’. Dans l’angle du mur de clôture, une clématite ‘Cléminov’, un Cariopteris, des géraniums vivaces – et la superbe structure d’un vieux buis (2m) datant de la maison. L’arrière de la maison est occupé par le délicieux “jardin blanc” formel, raffiné : buis de bordure, boules, rosiers ‘Opalia’, Hébé longifolia, Gauras, Hostas, Eupatorum micratum. De stricts pots gris, bien dessinés, reçoivent de jeunes Acer ‘Little Princess’, un Piltosporum ‘Golf Ball’, un Muellenbeckia astonii. Des objets valorisent l’ensemble. Ce jardin précieux s’adosse au “ROCHER” : affleurement schisteux qui étire son échine en un relief d’une grande beauté. Les couleurs chaudes du roc, les mousses et petites plantes qui se logent dans les creux surprennent par leur diversité.

 

A l’origine, tout était recouvert par un énorme roncier. Un sentier moussu au charme fou longe le rocher. Autrefois, durant leurs brèves pauses, les carriers y jouaient au palet, car, il s’agit, ici, d’une ancienne carrière exploitée jusqu’en 1930. DSC_0052

Quelques vieux chênes ombragent le sentier. En grimpant sur le rocher, on foule une douce fétuque fleurie de silènes, aspérule, bruyères. La lande est taillée en compressions maîtrisées. Le panorama est sublime ! A gauche, le fin clocher du village de St Eloy, à droite, une vaste étendue de bois et campagne, la mer au loin et, dans les confins, le MENEZ-HOM (un des points culminants des monts d’Arrée). DSC_0036

 

 

 

Sous les lumières changeantes, sa silhouette sombre et trapue se détache sur un ciel clair. Il s’embrase au couchant ou s’enveloppe de brume aux aurores, offrant alors une image très japonisante.

C’est beau, serein, magnifique! Le sentier suit la pente du terrain jusqu’à la carrière : beauté de la roche ! L’énorme faille sert d’habitacle à une sculpture contemporaine : sphère armillaire posée sur un socle rond, en pierres plates dont les couleurs s’accordent à celles du rocher.

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Un muret serpente en sous-bois. Discret le coin du compost – sous le couvert des vieux chènes : Hydrangea ‘Lanarth White’, Rhodo, fougères (‘Woodwardia’) prospèrent.

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Le sentier mène à la “tour-promontoire”.

 

Un banc invite à une halte contemplative. DSC_0063

 

 

 

 

 

A la croisée des chemins de ce jardin en paliers, un Viburnum maresii flamboie à l’automne. Des plates-bandes plantées de Sambuscus nigra ‘Thumder- cloud’, Camellia ‘Cinamon Cindy’, Physocarpus opulifolius ‘Diabolo’, Viburnum hillieri ‘Winton’, Heucheras pourpres. Le mélange plantations-plantes indigènes est très réussi. On descend doucement vers la partie la plus récente : la clairière – bordée d’un talus planté d’espèces endémiques, offrant aux oiseaux des baies nourrissantes : aubépines, viornes, sureaux, pruniers.

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Dans la clairière, I’espace est occupé par des hêtres, un Parrotia persica, un Nyssa, un Sambuscus noir et doré, un Stephanandra tanakae, quelques rosiers, un Hydrangea aspera ‘Villosa’. Au fond, un petit bois “bosco segreto” offre une réserve de pierres.

Quittant la clairière, on s’arrête au pied de la “tour” : un remarquable travail de la pierre. On monte un escalier à peine dessiné et on s’arrête devant un “Stupa”, logement du petit génie du jardin. Le chemin ondoyant qui mène au jardin du haut fait penser à la symbolique des jardins classiques italiens : du “purgatoire”, on monte au “Jardin d’Eden”, beau et paisible.

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Ici, point de temple, mais 2 cabanes en bois noirci : l’une pour les outils de jardin, l’autre abritant la réserve de bois et une collection d’objets anciens. Une belle pelouse avec, en son centre, une pierre levée. Une vaste plate-bande très harmonieuse est ponctuée en haut par 2 palmiers élancés (ils font partie de l’histoire familiale), en bas par les troncs clairs de 3 frênes taillés en boules.

C’est un jardin difficile à décrire – il faut s’y attarder, en saisir l’atmosphère sous les lumières changeantes. C’est un LIEU, avec une histoire très forte : celle des carriers. Conçu et réalisé, avec ténacité : chaque trou pour planter un arbre se fait à la barre à mine. Ce jardin est l’œuvre d’une jardinière passionnée, enthousiaste qui a parfaitement saisi “l’esprit des lieux”, le fameux “Genius Loci”, en respectant le site. Elle a fait, avec talent et sensibilité, de ce lieu unique, un jardin exceptionnel. Elle s’appelle Mylène : c’est une fameuse jardinière !

 

Contact
Mylène Stephan
4 route Armor, 29460 ST ELOY
tel : 02 98 21 91 97

[1]Texte d’Annie Le Guillou ; photos David Bickerton (prises entre 2011 et la visite de l’association Hanvec 21 le 6 juin 2015). Pour visionner tout l’album de photos de cette visite, voir sous la rubrique « photos » de la page des adhérents.

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